Chapitre 2, Travail et Emploi. (fiche élaborée par Stéphanie Duvivier)

 

Plan : I. Organisation du travail et croissance :

A.      division du travail et croissance :

  1. de la division du travail a l’organisation scientifique du travail (OST)
    1. la rationnalisation de l’organisation du travail

                  b.  le modèle de croissance fordiste et la constitution du rapport salariale moderne.

  1. l’organisation scientifique du travail en question :
    1. les limites internes du Taylorisme et du Fordisme
    2. les limites externes

B.       quelle organisation du travail aujourd’hui :

1.        de nouvelle modalités d’organisation du travail :

a.       à la recherche de l’implication des salariés :

b.       le toyotisme

2.        post ou néo taylorisme ?

3.        l’évolution du monde du travail : du collectif à l’individu.

a.       l’avenement du societe salariale.

b.       L’éclatement de la société salariale.

           

           II. marché du travail et chômage :

A.        les caractéristiques du marche du travail :

  1. l’évolution de la population active.
  2. le chômage : une analyse comparative :
    1. des spécificités nationales
    2. des inegalités face au chômage.

B.         les analyses théoriques du marché du travail :

      1.   les analyses traditionelles :

a.       le modele néo-classique « standard »

b.       limites et critiques de l’analyse libérale traditionnelle : l’analyse keynesienne.

c.        Une tentative de synthèse : l’ecole du désequilibre

2.        les nouvelles analyses de la rigidite des salaires et du chômage involontaire :

a.       la théorie du salaire d’efficience : leibentstein puis janet yellen

b.       la théorie des «  insiders/ outsiders » : lendbeck et snower

c.        la théorie du dualisme : travaux de doeringer et piore

d.       la théorie de la régulation : robert boyer, michel aglietta.

e.        Economie des conventions, théories des contrats implicites

3.        le cout du travail a-t-il un effet sur le chômage ?

C.         les mutations de l’emploi et des qualifications :

1.        une flexibilité et une précarité croissante :

a.       la norme d’emploi et sa remise en cause

b.       flexibilité ou précarité ?

2.        les effets de la flexibilité du marche du travail

   

 

III. croissance, progrès technique et emploi :

A.      croissance et productivite

B.       progrès technique et emploi

1. progrès technique et volume des emplois

                  a. la théorie du déversement : un lien positif entre progrès technique et emploi

                  b. la complexité du lien entre progrès technique et emploi

2. progrès technique et structure des emplois.

 

 

 

 

 

COURS :

 

I ) Organisation du travail et croissance :

 

Adam Smith et la division du travail.

 

La division du travail favorise la productivité (production / nombre de salariés ou par heure de travail)

 La division du travail provoque : une hausse de l’habilité

                                                       Une hausse de la rapidité

On tente d’eviter les pertes de temps en deplacement.

Théorie extraite A.Smith Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. 1776

 

Taylor le fondateur :

Les objectifs de Taylor :

                       -      la division du travail, parcellisation des tâches, une tâche par ouvrier. C’est une division horizontale.

-          le chronométrage, qui permet  « la chasse à la flânerie »

-          le bureau des méthodes, les ingénieurs qui pensent et les ouvriers qui executent, c’est une division verticale. 

Les ouvriers qu’emploie Taylor dans ses usines  sont en majorité des ruraux, des femmes (notamment durant les guerres mondiales) et des immigrés.

En effet ils ont moins d’exigence salariale, car ils sont peu qualifiés et ils sont peu revendicatifs.

L’avantage pour l’entreprise  c’est que les ouvriers sont plus dociles. Il y a la garantit d’une non syndicalisation, et il y a ainsi une tendance à limiter les revendications.

Taylor a voulu supprimer le pouvoir des ouvriers qualifiés, il recrute une main d’oeuvre docile, mais met ces ouvriers dans des conditions de travail pénibles qui leur fait prendre conscience qu’ils ont une situation en commun, c’est la conscience de classe et moteur de la lutte. L’OST a été le moteur des revendications ouvrières et a contribué à l’emergence de classes ouvrières.

 

Ford, le continuateur :

Les principes du fordisme : (micro économique)

- augmentation du salaire ( « 5$ a day »)

- la standardisation (tous les produits sont identiques)

- la chaine (la ligne de montage) qui permet de maitriser les cadences.

 

Modèle fordiste (macro économique) : modèle sous jacent tout au long des Trente Glorieuses, plus des avantages sociaux (sécurité sociale, d’emploi)

-    une hausse des salaires grâce au pouvoir de négociation des syndicats en échange d’une acceptation des conditions difficiles de l’OST  > consommation de masse.

-   Chaine + standardisation > production de masse

 

 

économie d’échelle : plus les couts fixes sont reparties sur une grande quantité de biens, plus le cout unitaire est faible.

 

 

 

Cercle vertueux du fordisme

(Trente glorieuse, 1950-1973)

 

les gains de productivité peuvent avoir trois utilisations :

      une hausse des profits

      une hausse des salaires

      une baisse des prix.

 

 

Les limites économiques de l’OST au tournant des années 1980:

    

-          la rigidité de l’OST

la standardisation des produits ne correspond plus aux besoins de diversité des consommateurs.

L’appareil productif doit être intégralement changé pour produire de nouveaux biens, manque de souplesse (changer toute la ligne de montage coute cher)

Les délais de livraison sont trop longs. Les délais de création d’un nouveau produit son inadapté a une demande qui exige la nouveauté.

 

-          la robotisation et l’introduction de l’informatique remettent en question l’OST et sa conception du travailleur dequalifié. Désormais les ouvriers doivent être capables de contrôler les machines

ð      les limites economiques de l’OST vont conduire les entreprises vers de nouvelles formes d’organisation du travailau cours des annees 80.

 

Les limites sociales de l’OST :

Des son origine les salariés soulignent les défauts de l’OST ;

-          la répétitivité des tâches, la pénibilité de celles-ci

-          une hièrarchie pesante, le rôle du contre maitre et du chronometrage. Et l’aliènation , c’est a dire la dépossession de l’exercice de ses facultés intellectuelles.

 

Dans les annees 30, un sociologue du travail, Elton Mayo met en evidence le fait que l’OST considère le travail comme un simple facteur de production , et ne tient pas compte de la dimension humaine.

L’effet « hawthorne » : experience effectuée par la weston electric, remarque que lorsque l’on met les ouvrières dans un contexte de travail agréable, vont être plus productives

Les conséquences : une baisse de la productivité du fait d’un manque de motivation, de fatigue, d’absentheisme, de grève, du turnover ou rotation de personnel, de malfaçon.

Le compromis fordiste des Trente Glorieuses a marché tant que les ouvriers obtenaient des compensations salariales en échange de leur condition de travail difficile. Or vers la fin des années 70, l’OST devient inadapté aux évolutions économiques, et ne permet donc plus d’augmenter les salaires, cela marque l’épuisement du modèle fordiste.

Dans les pays occidentaux, les gains de productivité vont se faire grâce au progrès de l’informatique et de la robotique, c’est la substitution du capital au travail.

 

Les nouvelles formes d’organisation du travail

Ont pour but : * l’amélioration du quotidien du travail grâce à des innovations organisationelles

                       * attenuer la division horizontale du travail (formation pour monter dans la hièrarchie/ diversifications des tâches/ changement de poste/varier les horaires)

                       * attenuer la division verticale du travail (introduire des tâches plus nobles dans le travail des ouvriers comme des tâches administratives ou de contrôles/ travail en groupe)

 

Le toyotisme (Taichi Ohno)

les principes du toyotisme : met au coeur du systeme la notion de qualité.

L’objectif est d’atteindre les cinq zeros : 0 papier/ 0 stock/ 0 delai/ 0 retard/ 0 défaut

-          la production « juste a temps » suppression de stock et fourniture de produit à la demande

-          la methode Kanban : communiquer entre atelier et sous traitant afin d’ajuster les quantités à la demande

-          l’auto activation des machines : les machines s’arêtent en cas de disfonctionnement

-          les cercles de qualités permettent de réunir les travailleurs afin d’ameliorer les méthodes de travail.     

 

 

Post ou néo-taylorisme ?

Le post taylorisme ou post fordisme marquerait le dépassement de l’OST. Ainsi les nouvelles formes d’organisation du travail intègrent  le travail de groupe, et cela s’effectue dans des structures plus petites, c’est aussi la fin du chronométrage. De façon générale, il y a un effort pour atténuer la division verticale et horizontale du travail. On s’efforce de donner plus d’autonomie aux salariés, d’accorder une plus grande importance de la qualité, de supprimer des lourdeurs hiérarchiques... Les entreprises cherchent aussi à être plus transparentes. (dépasser les limites sociales de l’OST)

La production en flux-tendu permet de révolutionner le système en s’adaptant le plus efficacement à la demande. Le système intègre les nouvelles technologies…(dépasser les limites économiques de l’OST).

 

 Le néo-taylorisme ou néo-fordisme serait plutôt dans la continuité de l’OST avec des adaptations aux exigences du contexte.

Les nouvelles formes d’organisation du travail et le toyotisme sont « néo-taylorienne » ou « néo-fordiste » car on retrouve plusieurs manifestations de la survie de l’OST :

-          le travail répétitif, subdivisé et prescrit (pression de la hiérarchie).

-          Un rythme de travail imposé et éprouvant indissociable de la production juste-à-temps (flux tendus) ou d’une production externalisée (sous-traitance). La pression sur les salariés se fait désormais au nom de la figure désincarnée du client et non plus au nom du patron.

Le renouveau de l’entreprise est en grande partie théorique, plus dans les mots que dans les faits. Par exemple, on cherche à donner une plus grande responsabilité aux employés, mais sans diversifier les tâches. En somme cela leur rajoute des tâches supplémentaires sans alléger la répétitivité de leur poste.  

Cependant le taylorisme est encore le meilleur moyen de produire  « efficacement » et ceci explique sa résistance.

L’évolution du monde du travail :

Population active : composée de personnes qui travaillent ou qui sont à la recherche d’un travail.

Salarié : personne reliée par un contrat de travail à un employeur et qui reçoit un salaire.

Indépendant : personne qui travaille pour son propre compte (ex : agriculteurs ; artisan ; commercant ; chef d’entreprise ; professions libérales)

 

La part du travail salarié a augmenté durant la période des Trentes Glorieuses. Cela a pour cause :

-          L’apparition du phénomène de concentration qui a fait disparaître un certain nombre de petites entreprises notamment dans l’artisanat

-          La progression de la protection sociale pour les salariés, on les incite au changement de statut.

-          Désertification des villages, cela participe au déclin des petits commerces.(le phénomène s’inverse en France)

Désormais le salariat regroupe neuf actifs sur dix.

Les trois PCS dont la part progresse : professions intermediaires, les cadres et les employés.

 

Ce qui dans les années 1990 favorise la création d’entreprise independante est :

-          la montée du chômage.

-          Les démarches de l’Etat (faciliter la création d’entreprises).

-          Le développement des starts up et du télétravail  (mise en place de la nouvelle économie)                                                                                                                                                                             

-          le développement de la sous traitance qui multiplie les petites entreprises de service.

 

Contrat de travail : contrat ou sont signalé les droits et les devoirs du salarié et du patron.

CDI : contrat a durée indeterminée, dont la date de fin n’est pas specifiée.

Le CDI est emblématique de la période des Trentes Glorieuses, car il marque l’êre du travail stable, et protegé avec l’avénement de la protection sociale.

 

CAP : certificat d’aptitude professionelle

BEP : brevet d’étude professionelle.

Il est normal d’acquerir de meilleure qualification car il y a un plus grand besoin de cadre et de profession intermediaire, le système scolaire s’efforce donc de donner les actifs dont a besoin le système économique.

 

Il y a deux sortes de qualifications :

-          qualification des individus : la capacité des individus, leur savoir faire (niveau scolaire)

-          qualification des emplois : Qualités attendus du salarié occupant ce poste de travail.

 

La logique de qualification : hièrarchisation des salariés selon leur niveau de formation : le diplôme est un critère simple (codification dans les conventions collectives)

 

Logique de compétence : le processus de travail étant de plus en plus complexe et immateriel, on s’interesse plus aux qualités relationnelles, à la polyvalence, le sens de l’initiative, l’autonomie => le savoir-faire et savoir-être (non codifié)

Il ya aussi une individualisation des contrats de travail. On constate un creusement des inegalités entre les cadres, pouvant mieux négocier leur contrat de travail que les ouvriers.

 

Les conventions collectives : accord relatif aux conditions de travail, les congés, le temps de travail, la rémuneration, la progression de carrière, qui sont signés entre representants salariés et employeurs.

Peut être au niveau d’une entreprise donnée, de la branche d’activité, ou au niveau national. Une fois signées elles s’appliquent a tout le monde.

 

 

 

 

 

 

 

II) Marché du travail et chômage:

L’évolution de la population active :

Population active : Actifs occupés et chômeurs.

Population active occupée : les actifs qui travaillent.

Taux d’activité = nombre d’actifs  / population masculine et féminine en âge de travailler le tout fois 100.

 

Les inactifs : C’est la population qui n’a pas ou plus l’âge de travailler.

                      Les personnes en âge de travailler qui ont choisis de ne pas travailler (étudiants, femmes au foyer…) ou qui sont dans l’incapacité de travailler (handicapés)

 

Les principales caractéristiques de la population active :

§         concentration de l’activité sur les âges intermédiaires (25-49 ans)

§         l’allongement des études qui retarde l’entrée dans la vie active pour les 15-25 ans

§         les systèmes de pré-retraite ont eu tendance à interrompre de facon précoce l’activité des plus de 50 ans

§         la progression tout au long des Trente Glorieuses de l’activité féminine

 

Tout au long des Trentes Glorieuses la population active augmente plus vite que les postes disponibles ce qui génère du chômage dans les années 70.

 

L’augmentation de la population active durant les Trente Glorieuses est due à plusieurs éléments :

 

La question du chômage

Les personnes le plus touchées par le chômage sont :

 

La vulnérabilité : la probabilité de connaitre le chômage, ou une période de chômage.

 

L’employabilité : probabilité de trouver un premier emploi ou d’en retrouver un, notre faculté à être embauché.

 

Inemployabilité : ne pas répondre à ce que cherche le marché du travail.

 

Effet « file d’attente » : les chômeurs de longue durée deviennent de moins en moins employable au cours du temps, ils reculent dans la file.

 

Chômage de reconversion : lors de sa période de chômage, le chômeur subit une formation pour trouver un nouvel emploi.

 

Le modèle Néo-classique  standard : le Libéralisme

 

Les hypothèses :

L’Homo Oeconomicus : individu rationnel (rationalité = ajustement des moyens aux fins), qui fait un calcul cout-avantage pour maximiser sa satisfaction

L’homo oeconomicus va faire un calcul du cout d’opportunité de ses actes.

Par exemple, si le salaire est bas l’Homo oeconomicus va avoir pour préférence le loisir, mais si le salaire augmente, le cout d’opportunité d’une heure de loisir va lui aussi augmenter et l’inciter à travailler.

Effet de substitution : (effet dominant pour les libéraux) si le salaire augmente l’individu va travailler plus pour gagner plus, il aura une préférence pour le travail.

Effet de revenu : si le salaire horaire augmente, l’individu va travailler moins, car pour un même salaire, il va pouvoir avoir plus de temps libre.

 

La main invisible: la somme des calculs rationnels des individus va conduire à l’affectation optimale des ressources, c’est à dire l’équilibre des marchés

ð      l’équilibre de Pareto : l’action de la main invisible permet à la somme des calculs individuels d’apporter une harmonie générale.

Toute intervention de l’Etat est par nature déséquilibrante car elle vient déstabiliser le fonctionnement de la main invisible, pour les liberaux, l’Etat doit se limiter aux fonctions regaliennes.

 

La concurrence pure et parfaite : - l’atomicité (multiplicité de vendeurs et d’acheteurs)

                                                     - la fluidité (libre entrée et libre sortie des produits)

                                                     - la transparence (information parfaite sur les prix)

                                                     - l’homogeneité des produits (tous identiques)

                                                     - mobilité des facteurs de production

 

les différents marchés :

§         le marché des biens, l’équilibre est spontané entre l’offre et le demande des biens.

 

§         Le marché des capitaux : fixe le niveau d’épargne et d’investissement d’équilibre (dans l’analyse libérale le niveau d’épargne détèrmine le niveau d’investissement) cela va fixer le taux d’interêt d’équilibre.

§         Le marché de la monnaie : détérmine l’offre et la demande de monnaie.

§         Le marché du travail :

                   

                    - l’offre de travail (demande d’emploi)

                     

                    - la demande de travail (offre d’emploi) : au coeur de l’anayse néo-classique il y a l’idée que les entrepreneurs décident d’embaucher une personne que si elle peut être remuneré au niveau de sa productivité marginale du travail. Elle se mesure de la façon suivante :

 

 cela correspond à la richesse produite par la dernière personne embauchée

l’entrepreneur n’embauchera que si le travailleur reçoit un salaire inférieur ou égal à la richesse qu’il produit.

 

L’équilibre sur le marché du travail :

 S’il y a chômage : O > D => une baisse des salaires, et un retour spontané à l’équilibre par le mécanisme de la main invisible.

 

S’il y a pénurie de main d’oeuvre, O < D => il y a une hausse des salaires et un retour au salaire d’équilibre.

 

S’il y a chômage dans ce modèle, il ne peut être que « transitoire » (temps d’ajustement entre l’O et la D de travail) ou « volontaire » (refus de travailler pour le montant du salaire d’équilibre).

 

Conclusion de l’analyse néo-classique

Il s’agit d’une Economie de l’offre : la hausse des salaires, entraîne la baisse de la competitivité prix, donc la baisse des parts de marché et des profits.

 

L’analyse Keynesienne :

Une hausse de la demande effective, c’est une hausse de l’investissement, donc de la production, et cela va permettre une hausse des embauches.

Pour lutter contre le chômage il faut donc augmenter la demande effective.

* Pour augmenter la demande des ménages on peut entreprendre des politiques de grands travaux, ce qui va permettre la création d’emploi.

Une baisse des taux d’interêts afin de permettre une hausse des emprunts pour la consommation.

Une hausse des prestations sociales, une hausse du SMIC, et une hausse du salaire des fonctionnaires.

* pour augmenter la demande des entreprises on peut faire baisser les taux d’interêts pour permettre l’investissement, entreprendre des politiques de grands travaux, et donner plus de subventions.

* pour augmenter la demande de l’Etat, on peut entreprendre des politique de relance bugdetaire (politique expensionniste)

* pour augmenter la demande exterieure (exportation), on peut supprimer les tarifs douaniers, augmenter la competitivité prix, ainsi que celle hors prix.

 

Conclusion générale :

·         Pour les Liberaux, il n’existe que du chômage volontaire, c’est à dire un refus des salariés de travailler pour le niveau d’équilibre

Lorsque le niveau des salaires est inférieur à la productivité marginale du travail, il va y avoir une baisse des salaires, donc une baisse des couts de production, donc une hausse de l’investissement, donc une hausse de la production, donc une baisse du chômage.

·         Pour les Keynesiens, il n’existe que du chômage involontaire, le chômage dependant du niveau de la demande effective qui est determinée par les entreprises.

Il faut qu’il y ait une hausse du niveau de la demande des ménages pour stimuler la demande effective.

Une hausse des salaires, c’est une hausse de la consommation, donc une hauss de la demande effective, donc une hausse de l’investissement, donc une hausse de la production, donc une baisse du chômage.

 

L’école du déséquilibre : a la fin des années 70, des économistes, notamment le français Edmond Malinvaud ont tenté de réaliser une synthèse entre la théorie néo-classique et la théorie keynesienne. Elles peuvent coexister au même moment dans une même économie du fait de la multiplicité des marchés. On peut en effet concevoir que la situation économique de certains secteurs d’activité se traduise par un chômage keynesien, alors qu’au même moment, dans d’autre secteurs, des entreprises estimeront compte tenu du niveau des salaires qu’il n’est pas rentable d’augmenter le niveau de production et donc d’embaucher. On retrouve l’opposition traditionnelle entre les deux conceptions : cout ou revenu.

 

Différentes analyses sur la rigidité des salaires et du chomage involontaires :

La théorie de la régulation- Aglietta et Boyer : les salaires qui étaient déterminés par la loi de l’offre et de la demande sur le marché (régulation concurrentielle) ont été de plus en plus régulés par des institutions telles que les organisations syndicales, l’Etat et les entreprises concentrées au cours des Trente Glorieuses (régulation monopolistique). Le salaire est alors une norme sociale fixé par la négociation. Cependant la régulation monopolistique est remise en cause par les mesures de flexibilisation du travail et d’individualisation des salaires.

 

 

 

Salaire brut = salaire net + cotisation sociale (part salariale)

Cout du travail = salaire brut + cotisation sociale (part patronale)

                         = salaire net + cotisation sociale (part salariale) +cot so (part patronale) 

 

Pour les libéraux un salaire trop élèvé entraine du chômage, lorsque le salaire est élèvé il est souvent superieur à la productivité marginale du salaire donc les employeurs n’embauchent pas.

Inversement pour les Keynesiens si les salaires sont trop faibles, cela va limiter la demande effective (qui fixe le niveau de l’emploi), il y aura donc du chômage.

 

Pour les Libéraux il faut baisser le cout du travail car cela va permettre une hausse de l’investissement, donc de la production, et cela va faire baisser le chômage.

De plus ils considèrent qu’une baisse des cotisations sociales, va permettre une hausse des embauches, donc une baisse des montants des prestations sociales à verser. Les économies effectuées peuvent être versées aux entreprises qui embauchent.

 

 

La flexibilité du travail.

 

Flexbilité quantitative :

Flexibilité externe : il s’agit de faire fluctuer les effectifs de l’entreprise en fonction des besoins, en utilisant des contrats de travail de courte durée et en licenciant. A pour avantage qu’il n’y a pas besoin de payer des couts de licensiement, et peut payer plus ceux qui sont en CDI.

Flexibilité interne :il s’agit d’une modulation du temps effectif total de travail en fonction des fluctuations de l’activité (variations hebdomadaire ou saisonnière des horaires, heures sup, annualisation de la durée du travail, tps partiel contraint). On peut  grâce à ça moduler les horaires selon la demande.

 

Flexibilité qualitative :

Flexibilité par externalisation : elle consiste à reporter sur d’autre entreprises le lien contractuel avec le travailleur afin de profiter à sa place de la souplesse du contrat commercial. C’est à son employeur qu’est transferé le risque né des fluctuations de l’activité.

Flexibilité fonctionnelle : elle consiste à employer des travailleurs polyvalents à des fonctions variables en fonction des besoins de la chaîne de production pour faire face aux mutations des marchés, des produits et des techniques ; elles impliquent un effort de formation professionnelle et une flexibilité organisationelle.

 

Flexibilité des remuneration : celles-ci varient en fonction des performances individuelles et des résultats de l’entreprise. Il s’agit d’un moyen de répercuter sur les salaires les évolutions de chiffre d’affaires. On assiste en effet  à une individualisation croissante des salaires.

 

L’emploi dit « typique » qui c’est développé durant les Trentes glorieuses est aujourd’hui remis en cause par des formes d’emplois dit « atypiques »

L’emploi « typique » répond aux critères suivants :

-          c’est un emploi salarié. Les formes de travail indépendant tendant à diminuer.

-          Le lien entre employeur et salarié fait l’objet d’un contrat sans limitation de durée, s’intégrant dans des conventions collectives. C’est donc un emploi stable, et s’intégre le plus souvent dans un système de promotion.

-          Il s’agit d’un emploi à temps plein qui s’exerce sur un lieu de travail spécifique

-          L’emploi typique offre un statut aux salariés ainsi qu’une intégration économique et sociale. Il insère les salariés dans un système de protection collectif

 

 

« L’emploi atypique » : il caractérise le développement de la « flexibilité quantitative externe » et donc la progression des formes d’emplois dont la durée est délimitée dans le temps au moment de l’embauche : interim / CDD/ stages et contrats aidés / apprentissage.

 

Ces « formes particulières d’emploi »  présentent au moins deux points communs

-          elles signifient une moins grande intégration du salarié dans l’entreprise. D’ou la qualification de précaires.

-          Elles assurent une plus grande souplesse dans l’organisation de la production, l’entreprise suit au plus près la conjoncture économique.

 

Les principales causes du développement des emplois dits précaires :

-          la volonté des entreprises de pouvoir s’adapter aux fluctuations de l’activité sans avoir à payer les coûts de licenciements associés aux emplois en CDD (les emplois atypiques permettent simplement de ne pas renouveler un contrat).

-          Les procédures mises en place par l’Etat pour lutter contre le chômage (stages d’insertion, Contrats Emploi solidarité…)

-          Le développement de l’externalité participe aussi à ce mouvement. Les entreprises sous traitante, souvent de petite taille, dépendent souvent des grandes entreprises. Ce sont les premières touchées par les fluctuations de la croissance et elles privilégient donc les emplois atypiques.

 

 

La flexibilité fait l’objet d’une controverse entre libéraux et keynésiens :

-          Les libéraux la conçoivent comme le moyen de dynamiser les entreprises en leur assurant une meilleure rentabilité (limitation du coût du travail), ce qui est selon eux un facteur de création d’emploi. La flexibilité est aussi facteur de productivité et d’adaptation.

-          Pour les Keynesiens, cela ne fait qu’augmenter la precarité car cela va faire chuter la consommation, donc la demande effective, donc l’investissement donc la production, et cela va avoir pour consequence une baisse du niveau de l’emploi.

Certains économistes redoutent qu’une plus grande flexibilité ne fasse que substituer des formes particulières d’emplois, dont la plupart sont précaires, à des emplois stables.

On retrouve ici l’idée d’une segmentation du marché du travail, avec l’idée d’un marché primaire et d’un autre secondaire.

 

Progrès technique et emploi :

Le progrès technique est mesuré par la productivité globale des facteurs de production, c’est à dire la productivité des facteurs capital et travail.

 

Les gains de productivité proviennent du progrès technique et peuvent avoir différents effets sur les acteurs économiques selon leur répartition.

Selon J.Fourastié, ils permettent principalement d’augmenter le niveau de vie de la population, et donc sa consommation, par un mécanisme de baisse des prix réels des produits qui favorise la compétitivité des exportations.

La hausse de la valeur ajoutée, permise grace aux gains de productivité, peut avoir d’autres utilisations :

-  profits destinés au l’autofinancement des entreprises

- prélèvements des administrations permettent la fourniture de services collectifs ou la redistribution (ménages ou entreprises).

On voit donc qu’en théorie les gains de productivité ont un effet positif sur la croissance et sur l’emploi. La croissance encourageant elle même de nouveaux gains de productivité

 

L’analyse de Schumpeter : la croissance est perçue comme un processus de « destruction créatrice ». L’économie crée et détruit sans cesse des entreprises, des activités des emplois. Le progrès technique est la principale source de la croissance (création d’emploi), en même temps que l’origine des gains de productivité (suppression d’emploi). On peut alors se demander si les destructions d’emploi dues au progrès technique sont compensées par des créations d’emplois.

La théorie du déversement- Alfred Sauvy et Jean Fourastié : cette théorie souligne que les gains de productivité issus du progrès technique entraînent une distribution de revenus et donc un accroissement de la demande dans d’autres secteurs d’activité, provoquant indirectement des créations d’emplois. L’emploi se déverse vers les branches à forts gains de productivité vers les autres. L’analyse sur le long terme permet de penser que le nombre d’emploi ne cesse d’augmenter, particulièrement vers les zones qui ont connus un progrès technique rapide.

 

Les limites du lien entre progrès technique et emploi : selon certain analystes, l’impact a court terme des gains de productivité se révèle négatif pour l’emploi.

- d’une part le déversement implique des changements dans la nature du travail : rien n’indique que les personnes licenciées pourront occuper un nouvel emploi résultant du progrès technique. Ce ne sont pas les mêmes actifs qui bénéficient du progrès technique.

- d’autre part le contexte actuel a évolué et les conséquences du progrès technique ont elles aussi changées. Le rythme du progrès technique s’accélère et touche tous les secteurs d’activité. Selon certains, le fait que les machines soient de plus en plus performantes aurait des conséquences négatives sur l’emploi. Même si le progrès technique a été plutot créateur d’emploi, rien ne permet de dire que c’est toujours le cas aujourd’hui

 

une analyse plus précise des liens entre production, productivité, durée du travail et emploi montre que, pour qu’il y est création d’emploi, il faut que la croissance de la production soit supérieure à celle de la productivité ou que, dans le cas contraire, la réduction de la durée du travail compense les pertes potentielles d’emplois.

 

L’analyse de Jean Fourastié : selon lui les destructions d’emplois agricoles ont été compensés par des créations d’emplois tertiaires (phénomène de compensation). Une question domine, la destruction d’emplois dans le tertiaire du fait de l’automatisation de certains services sera-t-elle compensée. Deux analyses divergent, certain pense qu’il est difficile de trouver de nouvelles branches qui assureront le déversement, tandis que d’autre estiment que le secteur tertiaire est suffisament dynamique pour constituer une source nouvelle de création d’emploi.

 

Le progrès technique mène également à une transformation des métiers et des qualifications. Pour les uns, les nouvelles technologies condamnent les métiers non-qualifiés à la disparition, sans possibilité de reconversion, alors que les salariés qualifiés voient leur travail devenir plus exigeant en intensité et en polyvalence au détriment de leur expérience.

Le progrès technique participe aussi aux bouleversement de l’organisation du travail, le travail à distance grace à l’informatique en est un exemple.